Merci à l’équipe film composée de Sarah Guigues, Jerôme Clément, Jérémie Michel, Jennifer Marchand.
Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de regarder le reportage de France 3 Provences-Alpes consacré au Festival voici le lien :
http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1214part1&video_number=0
Merci à Armelle pour l’info
Eric Cartier dessinateur et scénariste de bande dessiné est membre du jury de cette 27ième édition.
Comment vous êtes vous retrouvé membre du jury ?
Les enchainements classiques que certains appellent karma. Mon ami et collaborateur Arleston qui est un très bon scénariste sur Aix, avait fait partie du jury, il y a quelques années. Un autre hasard, son grand-père avait fait la première édition cinéma à Aix. C’est un peu par proximité, il y avait le festival de rencontre du 9ième Art, il y a quelques mois et on m’a proposé de devenir membre du jury.
Le bruit court que cette année les compétitions sont rudes. Quelles sont vos critères de sélection ?
Je connais l’image, je connais l’animation et le dessin. Le court c’est le cinéma et ce n’est pas dans mon domaine en général, mais c’est très proche finalement. Je vais plutôt faire le candide. Je vais essayer de mesurer les enjeux. Au début, j’ai dit oui sans réfléchir, puis en voyant le programme, la masse de choses présentées, le nombre de directions et c’est là d’un coup que l’on réalise aussi que ce n’est pas juste le plaisir de voir des films. C’est sérieux. Je ne sais pas encore comment je vais m’organiser.
Quel regard pensez-vous apporter à cette sélection ?
Je suis curieux, avec le numérique, vu ma génération si j’étais né à cette époque, j’aurais peut-être fait du cinéma. La BD m’intéressait car c’était le cinéma du pauvre, maintenant que je peux faire des animations sur mon ordinateur, ça change la donne pour les jeunes qui arrivent. On peut tout faire. Nous à l’époque on collait encore les textes avec de la colle glue! (rires) Maintenant on fait du copier-coller. On montait des journaux c’était à mourir de rire ! Mes mômes pensent qu’on a créé des bandes dessinées dans des cavernes !
Quels sont vos styles de films ?
Comme en musique ou en lecture, je n’ai aucun apriori. C’est vrai le terme de court était associé en général à l’animation. Je trouve que l’on ne le voit pas assez, là où il y a des cinémas, il y a des présentations de courts en première partie, mais combien de cinémas jouent le jeu réellement ? Ce monde est là, mais pour me plaire il faut que ça tape, que se soit du voyage ou de la fiction.
Que pensez-vous des films expérimentaux ?
Du moment que l’on sort des sentiers battus, on est expérimental. Enfin qu’est-ce qu’on appelle free-jazz ? C’est la même question, est-ce qu’on tape du pied ou pas. C’est de l’expérimental si ça m’interroge, si je sors de mes habitudes. Tout est possible c’est le cas de la BD, tous les champs sont ouverts. Ce n’est pas l’éternel petit format, aventure, héros… C’est devenu un genre majeur, depuis plus de cent ans il était temps ! Ce que j’aime, ce sont les BD ou les films qui me remuent
Avez-vous envisagé d’écrire des scénarii pour le cinéma ?
Non, on a notre cinéma à nous, dans la BD on a nos histoires. Qu’un scénariste écrive c’est génial, on l’adapte d’une BD, cela peut être heureux ou la pire des choses. Je fais partie de la génération traumatisée avec l’adaptation de Tintin et les oranges bleu. On a mis trente ans à s’en remettre ! (rires). Avec Astérix par exemple on ne peut que rire ! Quand il y a du Chabat on ne peut que craquer de rire. Et là oui ça marche, ils n’ont pas hésité. Pour Lucky Luke, il y a eu beaucoup d’efforts, bon boulot de décor et d’interprétation mais ça va tellement loin par rapport à la BD.
Vous êtes dessinateur de bandes dessinées, et participez également à l’illustration de Autour des cours, où trouvez-vous l’inspiration ?
Je suis un vieux Baba, je trouve « l’inspi » dans le vécu et l’honnêteté de la recherche et de l’introspection artistique.
Hier soir, Thomas et moi sommes allés voir la compétition 5, nous voyageons entre l’Irlande et la Chine, en passant par le Danemark et le Niger. Je suis mêlée et transportée entre la fiction, l’animation, l’expérimentale et le documentaire. C’est sur ce dernier que je vais me pencher, Au Centre de la terre d’Ingrid Patetta, se passe au Niger. Ces puisatiers qui se démènent pour trouver de l’eau au fin fond d’un puits, m’ont époustouflé, m’ont ému. Ils survivent face à la sècheresse, l’eau c’est la vie, et ils se battent au quotidien durant des années pour y trouver le vrai trésor finalement de notre existence. Je m’imagine là bas avec eux et je me demande si je survivrai face à cette misère et cette « guerre » avec la nature. Je me dis que la réalisatrice a peut être réussi son but : interpeller son publique et nous renvoyer en pleine face ce que nous faisons de l’eau. Du gâchis. Une remise en question s’impose pour nous : comment utilisons-nous cette richesse ? A méditer.
Ce soir je suis allée redécouvrir un film qui fait partie de mes classiques, Grease ! j’arrive à la trentième minute de la projection. Mince ! J’ai loupé le passage où ils dansent tous sur les bancs du lycée sur le titre Tell me more ! Installée confortablement sur mon fauteuil, je savoure plus que jamais le reste du film car cette fois ci je le vois en version originale. Toujours enchantée de le voir, mes jambes gesticulent toutes seules, ça swing ! Des souvenirs d’enfance me reviennent – oui j’ai bien dit d’enfance car je suis de la génération 80-90. Donc je me projette à ces années où je rêvais de pouvoir danser comme Olivia Newton John et d’avoir un John Travolta à mes cotés pour me faire tourner la tête… La réalité refait surface et je suis toujours accompagnée du duo du dancefloor mais là, c’est au bal que je les retrouve. Ce moment là, ô ce moment là, tous ces adolescents aux hormones en ébullition qui se déchainent sur la piste de dance et remuent aux rythmes d’une musique qui marque bien leur époque et qui me donne envie d’être née à la leur. Mais je suis née dans les années 80 et cela ne m’a pas empêché de danser sur leurs morceaux. Je n’ajouterai qu’une chose, Grease est un film intemporel. Il est clair que mes enfants en entendront parler.
Merci à l’équipe film composée de Sarah Guigues, Jerôme Clément, Jérémie Michel, Jennifer Marchand
Dernier film projeté dans la compétition 1, Partition Oubliée de la jeune réalisatrice Teona Grenade est un film marquant de la programmation. Doté d’une très bonne distribution, avec un touchant premier rôle, le film s’inspire d’un événement réel de la Géorgie post-soviétique. L’histoire est celle d’un jeune garçon, talentueux musicien, qui attend que son frère l’accompagne pour un concert. Mais celui-ci, qui fait partie de la mafia locale, est pris dans ses affaires. Exposant avec réalisme et sobriété, le panorama d’une jeunesse abandonnée à la rue, le film réussit à décrire avec justesse un univers désolé.
On peut reprocher au film sa fin abrupte. Mais la réalisatrice l’explique par la difficulté qu’elle a eu d’adapter son idée de long en court-métrage. Présente dans la salle pour la première, elle nous a présenté son film : « Il s’agit d’un travail de fin d’études à la Fémis. C’était une idée de long-métrage que j’avais en tête depuis un petit moment. Quand je pensais à mon premier film, c’était cette histoire-là. Après pour le court-métrage, dès que le projet a été annoncé à la Fémis, je savais que je voulais retourner en Géorgie et je me suis dis que j’allais essayer de réaliser ce projet. C’est très dur parce que j’avais envie d’y mettre beaucoup de choses et je pense que ça se sent dans le film. Ce n’est pas facile de travailler avec un format court. Il faut savoir vraiment trouver ses limites.
Après 27 sélections et 6 prix dans différents festivals, nous souhaitons bonne chance à ce court-métrage à Aix-en-Provence.
Pour le (re)découvrir, la compétition 1 est rediffusée Vendredi 4 décembre au Cinéma Mazarin à 13h30.
Merci à l’équipe film composée de Sarah Guigues, Jerôme Clément, Jérémie Michel, Jennifer Marchand.





